1. Qu’est-ce qu’une hypertrophie mammaire ?
L’hypertrophie mammaire est un volume trop important des seins par rapport à la morphologie de la personne.
2. Quelles sont les conséquences de l’hypertrophie mammaire ?
Les conséquences de l’hypertrophie mammaire sont nombreuses, à la fois sur l’état physique de la personne et sur son état psychologique. L’hypertrophie entraine des douleurs dorsales, cervicales et scapulaires. Elle peut entrainer une cyphose, voire une cyphoscoliose. Elle peut également se traduire par un surpoids, pouvant conduire dans certains cas à l’obésité. Au point de vue psychologique, l’hypertrophie peut entrainer un repli sur soi, un manque d’estime de soi. L’hypertrophie entraine également une gêne à la pratique du sport type natation, danse, course à pied, ou équitation.
3. Quel est le principe de l’intervention ?
Le principe de l’intervention est de réduire le volume des seins et de remanier le sein de façon à lui donner une forme harmonieuse avec la silhouette de la personne.
4. Comment définit-on le volume à atteindre ?
Lors de la consultation, le chirurgien et la patiente évaluent ensemble le volume le plus souhaitable pour la patiente. Cela dépend de sa morphologie et de son équilibre pondéral. Le plus souvent, les patientes souhaitent retrouver un bonnet C. Dans certains cas, comme dans le cas de surpoids ou de demande particulière, on peut laisser un bonnet D de façon à faire face à un éventuel amaigrissement secondaire.
5. A quel âge puis-je me faire opérer ?
L’âge pour se faire opérer est l’âge à partir duquel on a bien réfléchi et que la demande est personnelle, sincère et profonde. Il n’y a pas d’âge théorique pour l’opération. La patiente la plus jeune que j’ai opérée avait 11 ans (puberté précoce à 7 ans) et présentait une hypertrophie majeure très handicapante. La personne la plus âgée que j’ai opérée avait 85 ans, mais avait un âge physiologique beaucoup moins important, tel que l’intervention et l’anesthésie se sont très bien déroulées.
6. L’intervention de réduction peut-elle être prise en charge par l’assurance maladie ?
Oui, tout à fait, la réduction mammaire est une intervention prise en charge par l’assurance maladie. Pour cela il faut deux conditions : douleurs dorsales et cure d’hypertrophie emportant plus de 300 grammes par sein.
En cas d’asymétrie mammaire importante, si on n’atteint pas les 300 grammes du côté le plus petit, le sein le plus gros peut être pris en charge par l’assurance maladie (code QEMA012 pour cure d’asymétrie nécessitant une compensation dans le soutien-gorge) et le sein controlatéral est traité comme une cure de ptose (et est alors non pris en charge par l’assurance maladie).
7. Quel est le rôle de la mutuelle dans la prise en charge ?
La sécurité sociale va prendre les honoraires sur la base sécurité sociale mais ne prend pas en charge les dépassements d’honoraires. C’est le rôle de la mutuelle de prendre en charge une partie ou la totalité de ce dépassement. Il conviendra, après avoir vu le chirurgien, de faire une photocopie du devis et de l’adresser à votre mutuelle pour connaitre le montant qu’elle rembourse. Vous saurez à ce moment-là la somme qui restera à votre charge.
8. Faut-il faire une demande d’entente préalable pour cette intervention ?
Non, l’intervention de cure d’hypertrophie mammaire n’est pas soumise à entente préalable. Mais, il faut bien sûr respecter les conditions données par l’assurance maladie, et qui ont été énoncées plus haut.
9. Quels sont les examens à faire avant l’intervention ?
Pour les patientes très jeunes, il n’y a habituellement pas d’examen particulier à faire, ou une échographie. Entre 20 et 30 ans : on conseille la réalisation d’une échographie mammaire. Entre 30 et 40 ans : une échographie mammaire et une mammographie une incidence. Et près 40 ans : une échographie mammaire et une mammographie deux incidences.
10. Quelle cicatrice attendre après une réduction mammaire ?
La cicatrice est au minimum autour de l’aréole et verticale (péri-aréolaire et verticale). Elle le plus souvent, péri-aréolaire et « T » inversé. Le chirurgien vous montrera des photos de cicatrices à 3 mois (la cicatrice est encore rouge et inflammatoire). Il vous montrera également des photos à 1 an (la cicatrice est habituellement peu visible).
11. Quelles sont les conditions préalables à l’intervention ?
Il faut que le volume mammaire soit stable depuis 1 an. En cas de surpoids, une prise en charge nutritionnelle et comportementale est conseillée pour obtenir le meilleur résultat possible.
12. Quel est le taux de satisfaction de cette intervention ?
Le taux de satisfaction de cette intervention est très élevé. Il se situe à environ 97% de patientes, qui sont satisfaites, ou très satisfaites. Ce taux très élevé peut s’expliquer par l’amélioration fonctionnelle importante, et également par l’amélioration esthétique des seins.
13. Quelles sont les contre-indications à cette intervention ?
Les contre-indications temporaires sont représentées par le tabagisme qu’il faut supprimer un mois avant l’intervention et un mois après (et si possible définitivement), le diabète non équilibré, un surpoids non pris en charge. Les antécédents de mauvaise cicatrisation (cicatrisation hypertrophique ou chéloïdienne) dans la famille sont à prendre en compte en fonction de l’importance de l’hypertrophie. Enfin, une attente irréaliste chez une patiente perfectionniste une contre-indication formelle.
14. Quels sont les risques de cette intervention ?
Le risque, la première nuit, est le risque d’hématome, représentant environ un risque de 1%. C’est pourquoi il ne faut pas forcer des bras et bien garder du froid au niveau des seins la première nuit.
L’infection postopératoire est également très rare de l’ordre de 1%. En cas de fièvre avec un sein gonflé, rouge et douloureux, il faudrait consulter rapidement pour prescrire une antibiothérapie ; et voir le chirurgien pour qu’il se pose la question d’un éventuel drainage. Le risque de nécrose cutanée ou de nécrose aréolaire est très faible, inférieur à 1%. Ce risque est essentiellement présent en cas de facteurs de risque comme : la gigantomastie (forme très importante d’hypertrophie), le tabagisme, les antécédents de radiothérapie, les antécédents de diabète, et les patientes obèses.
Dans tous les cas, le rapport bénéfices/risques est très en faveur de l’intervention. En cas de complication, celle-ci devra être bien gérée afin d’obtenir un bon résultat final. Et finalement obtenir, même dans cette situation délicate, une patiente satisfaite ou très satisfaite.
Les cicatrices anormales dites hypertrophiques représentent environ 5% des cas. Il faut éviter l’hypertrophie cicatricielle par le massage type palper-rouler et l’application de pommade de silicone. En cas de début d’hypertrophie cicatricielle, on peut dans certains cas, prescrire des pommades à base de corticoïdes. L’hypertrophie cicatricielle finit toujours par céder, mais cela peut être long. Et il faut alors s’armer de patience et poursuivre le traitement des cicatrices jusqu’à la disparition de l’hypertrophie cicatricielle.
15. Je suis décidée pour l’intervention, que dois-je faire ?
Si je suis formellement décidée pour l’intervention, je dois prendre rendez-vous par téléphone avec le Dr DELAY, ou prendre rendez-vous par doctolib. Si possible, venir avec la lettre du médecin traitant ou du gynécologue qui atteste du caractère médical de la situation, et précise les antécédents médicaux.
16. Dois-je remplir un questionnaire médical avant la consultation
Oui, un questionnaire médical vous sera adressé. Le fait de compléter précisément ce questionnaire permet d’avoir tous les éléments pour le chirurgien, et de vous prendre en charge de façon optimale. En chirurgie, il n’y a pas de détail : une allergie par exemple peut avoir de conséquences si elle n’est pas connue.
17. Je suis en surpoids, que dois-je faire ?
Je peux consulter pour envisager l’intervention, mais le Dr DELAY vous expliquera qu’il faut essayer de rentrer dans le cercle vertueux avant l’intervention. Le Dr DELAY et vous-même estimerez ensemble le poids raisonnable à atteindre et, en général, on « coupe la poire en deux ». Il faut perdre la moitié du poids avant l’intervention et le reste sera perdu après l’intervention de réduction. Cela sera devenu beaucoup plus facile du fait que la pratique du sport sera beaucoup plus aisée. Assez souvent, le simple fait d’être venue en consultation voir le Dr DELAY permet d’amorcer le cercle vertueux, et d’amorcer la perte de poids.
18. Si je me fais opérer, pourrai-je allaiter ?
Oui, les techniques dites conservatrices que nous utilisons, permettent l’allaitement. Le succès de l’allaitement est de 65 % avec ou sans intervention de réduction mammaire.
19. Puis-je me faire opérer avant d’avoir des enfants ?
Oui bien sûr, beaucoup d’interventions sont réalisées chez l’adolescente ou chez la jeune-femme. Il faut attendre par contre au moins un an après une intervention de réduction mammaire avant de tomber enceinte. Il faut savoir que la grossesse va modifier le sein. La partie glandulaire peut légèrement fondre après une maternité ; alors que la partie graisseuse peut se modifier si la patiente prend du poids.
20. Est-il vrai que l’hypertrophie mammaire non opérée peut conduire à l’obésité?
Oui, tout à fait, le fait d’avoir une hypertrophie mammaire gêne la pratique du sport. De plus, inconsciemment, elle peut conduire à une prise de poids de façon à « noyer » cet excès de féminité. J’estime qu’environ 20% des obésités se développent sur une hypertrophie mammaire.
21. La cure d’hypertrophie mammaire augmente-t-elle le risque de cancer du sein ?
Non, au contraire, la réduction mammaire réduit de façon très nette le risque de cancer du sein. La partie de sein n’étant plus là, par définition, elle ne peut pas se cancériser. L’intervention apporte également des renseignements histologiques sur les seins (étude anatomo-pathologique des tissus enlevés).
22. Comment me préparer au mieux à l’intervention ?
Pour se préparer au mieux, il faut trouver son poids d’équilibre, arrêter le tabac pour celles qui fument, et ne pas prendre d’aspirine ou d’anti-inflammatoires, 8 jours avant l’intervention.
La cure d’hypertrophie mammaire ou réduction mammaire est une intervention très puissante. Il s’agit d’une intervention très efficace, qui donne un très fort taux de satisfaction. La grande majorité des patientes sont satisfaites ou très satisfaites de cette intervention. Il faut bien sûr que la patiente ait accepté la rançon cicatricielle et c’est pourquoi il est important de consulter pour que le chirurgien explique la cicatrice qui sera réalisée chez elle, et montre des exemples de cicatrices à 3 mois et à 1 an. L’immense majorité des patientes est transformée très favorablement par cette intervention. Et il est important que plus de personnes présentant une hypertrophie mammaire aient accès à cette information concernant la possibilité de réduction mammaire.
























