Retranscription

AVANCEES DE LA CHIRURGIE
DE RECONSTRUCTION MAMMAIRE

Podcast Injonctions et Bistouri — Isabelle Sansonetti & Dr Emmanuel Delay

Duree estimee de lecture : 15 minutes

Isabelle Sansonetti

Bonjour, c'est Isabelle Sansonetti, bienvenue sur mon podcast Injonctions et Bistouri. Merci chère auditrice et auditeur de me prêter vos oreilles attentives. Pour cet épisode, je suis ravie d'accueillir le docteur Emmanuel Delay, chirurgien plasticien spécialisé en chirurgie mammaire. Je l'ai interviewé il y a quelques années dans le magazine Elle, aussi quand nous nous sommes croisés au congrès de l'IMCAS, début 2025 à Paris. J'ai décidé de programmer cet entretien enregistré à distance puisque le docteur Delay officie à Lyon.

Il détaille pour nous les avancées en reconstruction mammaire et les avantages de l'augmentation des seins par lipomodelage.

Bonjour, professeur Delay, vous êtes chirurgien plasticien et spécialisé en chirurgie mammaire et en lipomodelage des seins.

Vous êtes intervenu d'ailleurs à l'IMCAS à Paris début 2025. Vous avez abordé quelles questions sur place ?

Dr Emmanuel Delay

Alors, on a parlé effectivement du lipomodelage du sein et on m'avait demandé aussi de traiter tout ce qui était nouveauté en chirurgie plastique et reconstructrice du sein.

Isabelle Sansonetti

Le recours au lipomodelage n'est pas si fréquent et peut-être qu'il y a des freins qui l'expliquent parce qu'on ne peut pas augmenter la poitrine de plus d'un bonnet. Ça se fait a priori en plusieurs interventions. Il y a un pourcentage de graisse qui part. Donc, c'est vrai que ça peut freiner les candidates.

Dr Emmanuel Delay

Alors, il y a le lipomodelage en fait, c'est une technique et puis il y a différentes applications. Maintenant, le lipomodelage en reconstruction s'est bien diffusé. On l'utilise bien en France où on a commencé. Et puis maintenant, de par le monde, on a pas mal publié là-dessus et je crois que c'est bien acquis maintenant. Ce qui est un peu moins acquis, c'est le lipomodelage esthétique, c'est-à-dire des dames qui souhaiteraient une augmentation modérée du sein. Et on s'est aperçu qu'environ 30% des femmes ont une stéatomérie, ça veut dire une zone de graisse qui les embête, qu'elles voudraient enlever et qui voudraient une augmentation des seins. Or, les dames que l'on voit en consultation, souvent, sont des milieux informés, style mannequin, tout ça, qui viennent nous voir, qui n'ont pas de graisse. Et là, ça ne marche pas. Alors, on dit, vous n'avez pas une bonne indication. Alors, on peut combiner la graisse à une prothèse. Alors, on leur propose une augmentation dite composite comme ça. Mais les dames qui voudraient, ne viennent pas forcément nous voir parce qu'elles ne savent pas que ça existe, tout simplement.

Isabelle Sansonetti

Et en plus, j'ai l'impression qu'il y a moins de risques peut-être qu'avec les implants mammaires, parce que c'est vrai que les implants mammaires, en ce moment, il y a beaucoup de femmes ...

Dr Emmanuel Delay

C'est une bonne intervention. Ça n'a pas tant de risques. Simplement, lorsque vous avez mis un implant mammaire, vous êtes engagé pour la vie. C'est-à-dire qu'au bout de 10 ans, à partir de 10 ans, on doit faire une surveillance un peu plus rapprochée, faire une échographie une fois par an. Et puis, si au bout de 12 ans, 15 ans, elles seront, on doit la changer. Ça oblige à une surveillance.

Isabelle Sansonetti

Oui, il y a des complications de coques aussi, quand même, qui sont élevées. Parce qu'il y a un de vos confrères, je l'ai lu dans le dossier presse de l'Incas, qui disait que le taux de complications était autour de 20 %, ce qui peut paraître quand même assez important.

Dr Emmanuel Delay

Alors, 20 % de coques, lá, il faut remettre en question la technique. Non, je ne crois pas qu'on ait 20 % de coques si on fait les choses correctement. Si vous voulez, il y a deux types de coques. Il y a la coque primaire, et c'est une dame qui ne tenait pas bien les implants, et ça, c'est plutôt de l'ordre d'un 1 ou 2 %. Si on matte bien les seins, en général, on récupère le coup et ça s'arrange bien. Les coques tardives, par contre, ça peut traduire une usure de l'implant. Et là, c'est là qu'il faut faire une échographie. Non, les implants, ça marche très bien. Simplement, ce n'est pas la même approche. Vous avez de la graisse, même si vous sortez avec chirurgien plasticien, il ne peut rien savoir. La palpation est comme un sein normal. Un sein, c'est fait de glandes et de graisse. Et vous rajoutez de la graisse, donc ça fait une sensation tout à fait normale. Par contre, effectivement, l'augmentation est modérée. En général, dans le soutien-gorge, elle doit venir avec un bonnet C. D'un côté, on met comme un petit morceau de papier une prothèse de 150, qui correspond à un lipomodelage de 300 à peu près. De l'autre côté, on met une prothèse de 300. Si vous voyez qu'elle regarde la prothèse de 300, ça veut dire qu'elle n'est pas prête pour un lipomodelage. C'est qu'elle veut une vraie augmentation, visible. Si jamais elle dit non, je veux juste retrouver un peu le décolleté de mes 20 ans, ça peut marcher. Par contre, pour les dames qui ont eu des enfants, par exemple, le lipomodelage ne remonte pas le sein, n'a pas un effet push-up. La prothèse, en fait, c'est l'indication, c'est voir en consultation les gens. Et comme toujours en médecine, à chirurgie, les gens pensent que c'est souvent que de la technique. En fait, c'est l'indication, c'est-à-dire un bon chirurgien, c'est celui qui choisit la bonne intervention.

Isabelle Sansonetti

Et qui correspond à l'attente de sa patiente.

Dr Emmanuel Delay

Exactement. Pour une dame contente, c'est demande précise, intervention précise, on est content. Si elle ne sait pas ce qu'elle veut, ce matin, j'ai vu une dame, elle était un peu ambivalente. Je lui ai dit, on va se revoir parce que ça change tout. Ce n'est pas la même opération. Vous voulez plus gros, plus ronds, c'est des prothèses. Vous voulez le sein plus haut, mais sans augmenter le volume, c'est une cure de ptose. Ce n'est pas du tout la même intervention. L'important, c'est bien se comprendre, comme souvent dans la vie.

Isabelle Sansonetti

Bien sûr. Et alors, en fait, il y a énormément quand même, même s'il y a eu une baisse l'année dernière du nombre de pauses, enfin d'augmentation mammaire dans le monde, il y a quand même plus de 1,8 million d'augmentation mammaire dans le monde. Donc, c'est quand même élevé, ça reste élevé. Mais vous n'avez pas une idée de quand c'est uniquement des implants, quand c'est combiné, on n'a pas ces chiffres-là. On ne sait pas la part du lipomodelage.

Dr Emmanuel Delay

Non, on a du mal à avoir les chiffres, en fait. En France, on sait à peu près le nombre d'implants totaux mis en place grâce aux fabricants et à l'ANSM, mais on ne sait même pas le taux de répartition exacte, esthétique, reconstructrice.

Isabelle Sansonetti

Par exemple, par an, c'est combien environ en France ?

Dr Emmanuel Delay

En France, je crois que c'est autour de 60 000 implants à peu près, mais on ne sait pas le taux exactement de répartition esthétique et réparatrice. D'ailleurs, des fois, la limite est, vous avez une dame qui a une petite poitrine, naturellement, qui est vraiment très handicapée, on peut dans certains cas la faire prendre en charge. Donc, c'est la réparatrice. Vous avez une dame qui a eu des enfants, qui a le sein un peu ramolli, c'est assez proche, mais pour l'assurance maladie, ça veut dire non, c'est la vie. Et ça ne va pas être pris en charge. Esthétique, nous, on essaye toujours d'être esthétique, c'est juste pour la sécu, quand c'est pour l'esthétique, ce n'est pas remboursé. Mais nos départs, c'est toujours esthétique.

Isabelle Sansonetti

Alors, vous êtes également amené, on l'a évoqué au début, à faire des reconstructions mammaires après mastectomie. C'est une chirurgie complexe, souvent, en plusieurs étapes. Ça peut freiner quand on sort de l'épreuve du cancer, d'autant que certains protocoles laissent un certain nombre de cicatrices. Lors de la conférence de l'IMCAS, vous disiez qu'il y a eu des avancées, que certaines procédures laissent moins de cicatrices que d'autres.

Dr Emmanuel Delay

Voilà, tout à fait. Parmi, j'avais présenté trois types d'avancées, récentes en reconstruction mammaire. Il y a premièrement le lambeau dorsal à cicatrices courtes. C'est une variation d'une technique plus ancienne, qui s'appelait le lambeau grand dorsal, qui faisait une grande cicatrice dans le dos, des douleurs dans le dos, des choses, des inconvénients. Et on a modifié la technique pour faire une petite cicatrice sous le bras, ce qui nous permet de rendre cette technique plus facilement acceptable par la patiente avec une petite cicatrice. Et il y a parfois un petit déséquilibre au niveau du dos. Et deux principes, on remet de la graisse dans ce petit creux, si bien qu'on ne voit plus rien. Et donc, ça change complètement cette intervention. et du coup, ça revient actuellement, entre mes mains, la meilleure intervention de reconstruction mammaire. Donc ça, c'est la première grande avancée. On a publié ça en 2021 dans une revue américaine. Alors, il faut savoir que ça prend du temps, la diffusion médicale. Une technique qu'on diffuse dans une revue américaine, elle va peut-être arriver dans dix ans en France. C'est le paradoxe. Un confrère français peut ne pas la connaître parce que, oui, on apprend en lisant les revues, mais on ne lit pas forcément les revues américaines.

Isabelle Sansonetti

Oui, mais alors, ça veut dire que les techniques qui sont actuellement disponibles en France laissent encore des grandes cicatrices quand il y a lambeau.

Dr Emmanuel Delay

Il faut bien se renseigner sur ce dont on parle. Si on fait lambeau dorsal comme il y 30 ans et si on fait lambeau grand dorsal à cicatrice courte où on ne voit pas de cicatrices, où on a remis de la graisse, où on ne voit rien, c'est pour ça qu'il faut bien se renseigner. Ensuite, le deuxième grand progrès, c'est lambeau pectorum mammaire. Dans les cas particuliers, on peut utiliser une partie du sein qui est trop gros d'un côté pour reconstruire l'autre sein. Ça aussi, on l'a publié cette année dans une revue américaine. Ça s'appelle le lambeau pectorum mammaire, breast pectoris flap en anglais. Et là aussi, c'est une avancée intéressante. Et ensuite, on pense, on combine un lipomodelage pour que le résultat soit le plus parfait possible. Enfin, le troisième grand progrès, c'est ce qu'on appelle la reconstruction composite. C'est-à-dire, on fait dans le premier temps une reconstruction avec une prothèse de volume acceptable. Et trois, quatre mois plus tard, on change la prothèse et on met de la graisse. Et là, on a des super résultats. Le taux de coque, vous parliez peut-être de 20 %, c'est peut-être en reconstruction. Parce qu'effectivement, en reconstruction, comme il n'y a pas beaucoup de tissu, le taux de coque est plus élevé. Et c'est à ce moment-là qu'on coupe, cette membrane qui s'est formée. Et on met la graisse. La graisse a un effet anticoque et un effet de la patiente sent le sein bien plus chaud, plus agréable. Et ça améliore en plus la sensibilité.

Isabelle Sansonetti

OK. Alors, il y a aussi parfois des possibilités de reconstruction mammaire immédiates et qui sont également, ce que vous me disiez quand on s'est rencontrés à l'IMCAS, facilitées quand on recourt au lipomodelage. Mais donc, ça ne concerne pas tout le monde, la reconstruction mammaire immédiate ?

Dr Emmanuel Delay

Non, immédiate. On est entre deux eaux actuellement. Certaines équipes le font pratiquement à tout le monde. D'autres le réservent à des indications particulières. Les indications indiscutables, c'est chaque fois qu'il n'y aura pas de gros traitements complémentaires. Vous n'avez pas de grosse chimiothérapie, pas de grosse radiothérapie. Et à ce moment-là, c'est une très bonne indication. Là, il faut mettre en avant la reconstruction immédiate parce que les gens vont mieux, les gens qui se font reconstruire. En fait, quand on perd le sein, on fait une mastectomie sèche en reconstruction, il y a 20% d'invalidité. C'est lourd à payer en termes sociaux ou professionnels. Et lorsqu'on fait la reconstruction immédiate, on a très peu ça. Donc, c'est pour ça qu'en général, il faut mettre en avant la reconstruction immédiate. Mais imaginez une dame qui a d'autres soucis, qui a une métastase, il faut traiter les problèmes aigus et des fois pas prête pour faire la reconstruction immédiate. C'est pour ça qu'il faut avoir la maîtrise de la reconstruction immédiate et puis la proposer aux dames qui sont prêtes à le faire.

Isabelle Sansonetti

Oui, mais parce qu'il y a un aspect psychologique aussi. Elles ne savent pas forcément que... Parce qu'il y a des cas où la personne a eu une reconstruction immédiate et puis comme elle n'a pas eu le temps de faire le deuil du sein qu'on lui a retiré, ça a été compliqué d'accepter cette reconstruction.

Dr Emmanuel Delay

On ne peut pas épargner... En gros, lorsqu'on perd un sein, c'est comme perdre un être cher, comme perdre un enfant, perdre un parent. Et donc, c'est un grand coup de massue. Simplement, tant que vous perdez votre sein, boom, grand coup de massue, on touche le fond de la piscine puis on se remonte tout doucement et puis plus tard, quand la dame va bien, on fait la reconstruction. Deuxième situation, on fait la reconstruction immédiate. Le lendemain, elle touche son sein, elle est rassurée, mais il y a à peu près la même énergie psychologique à gérer sur quelques mois. C'est pour ça que si on évalue la satisfaction à un mois, une reconstruction immédiate, elle ne va pas être bonne. Mais si on évalue un an, elle est bonne, la satisfaction.

Isabelle Sansonetti

Il faut un moment pour se réapproprier.

Dr Emmanuel Delay

Comme tous les deuils.

Isabelle Sansonetti

Les femmes, elles ont souvent l'impression qu'elles doivent se décider vite, notamment quand on leur propose une reconstruction immédiate. mais est-ce que finalement, la mastectomie, elle doit survenir dans tant de jours, de semaines ? Comment ça se passe ? Ça dépend des...

Dr Emmanuel Delay

Ça dépend. Voilà. Si c'est un invasif, oui, il faut le faire, en général, la mastectomie dans le mois. Donc, ça veut dire être bien organisé. Ça veut dire être disponible. Ça veut dire que la filière doit être organisée pour pouvoir... Parce qu'un bon chirurgien, c'est dans l'emploi du temps. Voilà. Donc, il faut garder des créneaux pour pouvoir faire ces reconstructions immédiates. Si le chirurgien n'a pas gardé des créneaux, ça va faire des délais longs. Et donc, il y a certains bons chirurgiens qui ne font pas de reconstruction immédiate parce qu'ils n'ont pas organisé leur filière comme cela. Mais autrement, si c'est la superindication, par exemple, c'est une carcinomie, in situ étendu, là, il n'y a pas d'urgence. On a deux, trois mois pour le faire. Quant aux chirurgies prophylétiques, il n'y a jamais d'urgence. C'est pour ça qu'il faut que les dames se renseignent bien. C'est quand même une affaire sérieuse.

Isabelle Sansonetti

Oui, bien sûr.

Dr Emmanuel Delay

Je suis surpris que les gens, ils acceptent une reconstruction par n'importe qui. Alors que pour acheter une voiture, ils se renseignent, ils lisent des magazines et machin. Pour la reconstruction, ils ne se renseignent pas. Non, il faut multiplier les lieux d'information, son médecin traitant, son gynécologue, les patients, etc. Pour choisir quelqu'un qui connaît le sujet, bien sûr.

Isabelle Sansonetti

Oui, et puis maintenant, il y a un guide qui a été publié, qui est en ligne, qui a été publié par la Haute Autorité de Santé, justement, une aide à la décision. Parce que c'est vrai que dans l'enquête qui est en ligne, d'ailleurs, il y avait le chiffre de 35 à 41 % de femmes qui avaient eu une reconstruction et qui n'avaient pas eu le choix de la technique utilisée. Donc, c'est vrai que je pense que les choses évoluent. Vous avez l'impression que les choses évoluent et que les femmes ont plus leur moitié.

Dr Emmanuel Delay

sachant que le choix, c'est un peu théorique. Oui, il y a quelques années, je lui ai expliqué toutes les techniques et puis, en fait, les gens, ils veulent que vous les preniez en charge. Ce qui est important, c'est, vous et une patiente, je vous dis, voilà, chez vous, la meilleure solution, c'est ça, ça va se passer comme ça et ça se passe comme ça. Le drame, c'est quand il y a une complication, quand ça ne se passe pas comme il faut, il y a une nécrose cutanée qu'on n'a pas anticipée. Là, c'est compliqué pour la patiente parce qu'elle ne s'attendait pas à ce problème. Donc, l'important, c'est la fiabilité de l'équipe, surtout.

Isabelle Sansonetti

Oui, c'est vrai qu'aussi, les techniques de reconstruction, comme on l'a évoqué tout à l'heure, sont souvent complexes. Elles se font, d'ailleurs, dès que c'est des techniques par lambeau, vous me direz si je suis juste. A priori, c'est une équipe, des chirurgiens spécialisés. Souvent, c'est en CHU ou en clinique spécialisée, en centre spécialisé. Donc, c'est vrai que si un chirurgien n'est pas formé à toutes les techniques, il peut aussi peut-être proposer celle qu'il sait faire et du coup, la personne échappe à... Enfin, en tout cas, la femme n'a pas vraiment le choix. Non ?

Dr Emmanuel Delay

Si on a du travail, si vous voulez, moi, j'ai trop de travail. Donc, s'il y a une technique qui paraît mieux adaptée, on peut l'envoyer à un confrère. Ça, c'est... Enfin, c'est pas...

Isabelle Sansonetti

D'accord. Vous pensez que, d'ailleurs, sur le plan de l'éthique, c'est ce qui se fait, d'ailleurs, d'à priori, quand on sait pas faire...

Dr Emmanuel Delay

C'est ma pratique. Après, chacun est responsable, bien sûr, de son éthique.

L'éthique, c'est quoi ? Est-ce que c'est bien ce que je vais faire ? Donc, voilà. Si la patiente, je maîtrise la technique, je sais faire, je vais faire les meilleurs soins possibles, c'est éthique. Je choisis une technique qui ne paraît pas adaptée, bon, ben, vous dites, moi, je crois que ce n'est pas bien pour vous, mais si ell veut absolument faire ça, voilà, il faut...

C'est une rencontre entre deux personnes. Une personne qui a un problème, un chirurgien qui a la solution, si ça correspond bien, c'est parfait, si ça ne correspond pas, ben, il ne faut pas faire affaire ensemble, sinon c'est là, on a tout pour que ça n'aille pas bien. D'accord.

Isabelle Sansonetti

Et alors, il semble aussi que la façon dont la mastectomie a été réalisée conditionne pour beaucoup la reconstruction mammaire future. Ça veut dire qu'il y a des mastectomies qui ne sont pas bien faites. Comment on peut être sûr que la mastectomie va être bien faite ?

Dr Emmanuel Delay

Ça, c'est une bonne question.

La mastectomie, c'est une intervention qui est réputée simple. Dans ma pratique, c'est souvent celle qui est une des moins bien faites. Donc, il faut enlever le sein, mais que le sein, enlever beaucoup de peau, ça n'a pas sens, ce n'est pas la peau qui est malade. On se retrouve des fois avec des grandes cicatrices qui barrent tout le thorax. C'est dommage, parce que la dame, il faut penser à l' avenir, elle aura un décolleté plus tard. Et donc, pour aller à la piscine, pour aller avec ses amis, et si on lui a barré pour un petit sein, il suffit d'une petite cicatrice pour faire un mastectomie. Mais, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ? Là, c'est au gynéco qu'il doit envoyer au bon correspondant et qu'il fait bien son travail. Je ne veux pas faire de critique de confrères.

Isabelle Sansonetti

Non, ce n'était pas le cas. C'était savoir est-ce qu'il y a des choses à demander pour être sûr, par exemple, de dire, effectivement, il n'y a pas nécessité d'enlever beaucoup de peau.

Dr Emmanuel Delay

Il y a un fuseau économe puisque la peau n'est pas malade. Ce n'est pas le sujet. Elle est exceptionnellement malade dans les seins inflammatoires, mais qui sont une contre-indication à la reconstruction immédiate. Donc, il n'y a plus de contre-indication à la reconstruction immédiate, c'est le sein inflammatoire, c'est-à-dire où la peau est envahie ou un envahissement direct. Et dans ce cas, bien sûr, il faut enlever la peau. Mais c'est des cas exceptionnels. La plupart du temps, la peau n'est pas malade.

Isabelle Sansonetti

Alors, en France, le pourcentage de femmes qui recourent à une reconstruction reste autour de 30%. C'est un chiffre qui, j'ai l'impression, qui déçoit ou qui contrarie les chirurgiens plasticiens. Pourtant, on parle aussi de reconstruction à plat. Donc, c'est, voilà, la reconstruction en volume, c'est pourquoi ça devrait être la norme, finalement, si une femme n'a pas envie de se faire reconstruire.

Dr Emmanuel Delay

Non, moi, ce qui est important, c'est que toutes les femmes soient informées des possibilités. Mais c'est quoi, une information ? Pendant des années, les cancerologues nous disaient « Mais si, j'informe bien mes patientes, en fait, quand vous allez voir le cancérologue, il vous examine, il vérifie qu'il n'y a pas de récidive locale, qu'il n'y a pas de problème, vous êtes en souci, vous écoutez pas vraiment. Une information, c'est une consultation dédiée à ça. Donc, vous allez voir un plasticien, vous parlez de reconstruction.

Et là, c'est de l'information. Et là, à partir de là, ça ouvre des portes. Après, on est libre de le faire, de ne pas le faire. Il y a beaucoup de dames qui le font en même temps, c'est la reconstruction immédiate. Le maximum que j'ai eu comme délai, c'est 25 ans. Une dame qui avait eu ses enfants très jeune et qui avait eu un cancer très jeune. Et c'est lorsque le dernier enfant a quitté la maison qu'elle a eu besoin de faire la reconstruction. Ça montre bien le poids symbolique du sein. Certaines personnes, c'est la maternité, ce qui était pour cette dame. D'autres, c'est la féminité. D'autres, c'est la beauté. D'autres, c'est la santé. Chacun y met un peu une signification. Et donc, pour elle, c'était la maternité. C'était le bon moment pour elle. Donc, l'important, c'est d'informer les gens. C'est seulement quand ils sont prêts que les gens y viennent. Alors, pourquoi il n'y a pas assez de reconstruction ?

Parce que l'offre de grande qualité est insuffisante. Deuxièmement, la prise en charge financière est limitée. Donc, du coup, les structures hospitalières sont un peu saturées et les praticiens expérimentés, ils ont des honoraires plus importants. ceux qui ont rien compris au film, récemment, ils ont dit qu'il n'y a qu'à limiter les honoraires. Mais si on limite les honoraires, on n'en fait plus. Vous perdez de l'argent. Moi, sur mon secteur libéral, si je fais une reconstruction, c'est deux ou trois fois le prix de revient. En dessous, je perds de l'argent. Donc, vous n'en faites pas. Et vous voyez, c'est des interventions complexes si on ne les rembourse pas correctement. Vous voyez, le DIEP, par exemple, en Belgique, c'est 3500 euros le remboursé pour le chirurgien. En France, je crois que c'est 500. Et la sécu, progressivement, s'est désengagée. Et après, il dit, oui, ce n'est pas normal, ce n'est pas normal. On sait bien que la vie a un coût. Donc, il faut bien que les gens puissent vivre de leur travail. Mais bon, vous savez, les finances de la sécu, aujourd'hui, on ne peut pas trop augmenter les tarifs. Donc, c'est le rôle des mutuelles de compléter.

Isabelle Sansonetti

Donc, ça veut dire qu'une reconstruction complexe, ça coûte entre combien et combien ? Il y a un reste à charge de combien à combien

Dr Emmanuel Delay

ça dépendra de la mutuelle de la patiente. Quand la patiente n'a pas de mutuelle, il faut le faire en structure hospitalière où tout sera pris en charge. Soit, elle est en secteur libéral, ça dépend du type d'intervention. Si, par exemple, une intervention par le lambeau du grand dorsal autologue, le chirurgien va prendre entre 3 000 à 4 000 euros et c'est remboursé, je crois, 566, on devrait être à 700 et quelques euros. Donc, s'il y a une bonne mutuelle, le gros, sera remboursé si la mutuelle ne rembourse pas. Par exemple, les enseignants ont une mutuelle qui ne rembourse pas les dépassements d'honoraires et du coup, elles se trouvent dans une situation embêtante. Auquel cas, elles se posent la question soit de prendre une mutuelle complémentaire, soit de le faire en structure hospitalière où tout est pris en charge.

Isabelle Sansonetti

D'accord, parce que souvent, ces reconstructions complexes, c'est plusieurs interventions sur plusieurs mois.

Dr Emmanuel Delay

Les reconstructions, c'est deux ou trois temps. Il y a un premier temps important, donc si c'est une prothèse, c'est une prothèse, deuxième temps en champ, prothèse, lipomodelage et puis le même lanceau local. Si c'est un lambeau, il y a le lambeau et souvent, il y a un ou deux temps de lipomodelage. Donc, ça fait trois temps. Un lambeau, dont je vous parlais tout à l'heure, à cicatrices courtes, premier temps, le lambeau, deuxième temps, à deux mois, le lipomodelage et la symétrisation, on peut harmoniser l'autre sein. Et troisième temps, à trois mois, donc ça fait donc à cinq mois de la première intervention, où on transfert la graisse pour que ce soit parfait. On fait le mamelon le même jour et la couleur se fait par tatouage pour faire l'aréole.

Isabelle Sansonetti

D'accord. Et ça, c'est sur cinq mois, mais ça peut aussi être étalé un peu plus longtemps si la femme a envie que ce soit...

Dr Emmanuel Delay

Alors, ça dépend de la technique. Non, ça dépend de la technique. Si c'est le lambeau dans la cicatrice courte, c'est important de tenir le délai de deux mois parce que dans la partie du lambeau, il y a de la graisse et du muscle. la partie musculaire va s'atrophier et le lipomodelage, c'est prendre de la graisse, la centrifuger et la transférer comme des spaghettis. Mais si votre bois de spaghettis est trop réduite, vous pouvez en mettre moins de la graisse et vous perdez l'efficacité. Pour ça, il faut tenir à aider là.

Isabelle Sansonetti

Vous avez un conseil à donner aux femmes pour qu'elles se renseignent. Est-ce que ça vous paraît intéressant, la plateforme de la Haute Autorité de Santé déjà pour comprendre le type de technique ?

Dr Emmanuel Delay

Le problème, c'est que c'est un vœu un peu pieux. Déjà, elle est un peu dépassée. Si vous regardez, je ne crois pas qu'elle parle du lambeau dorsal cicatrice courte. Je ne crois pas qu'elle parle du lambeau pectoromammaire. C'est-à-dire, ce gros travail qui a été fait, c'est point de tous des algorithmes et un algorithme est figeant. C'est-à-dire, ça fait une situation à un moment donné et des choses évoluent. Mais déjà, le fait d'en parler, c'est bien. La patiente, mais en gros, vous allez sur mon site, vous allez sur le site, c'est très bien expliqué. Les gens sont informés, ensuite, ils réfléchissent et puis nous, on les voit. En trois secondes, on voit ce qu'il faut faire. Moi, j'ai fait 4500 en construction. Imaginez que je vois la patiente qui dit, c'est ça qu'il faut faire. Ça ne veut pas dire qu'on ne va pas discuter, qu'on ne va pas écouter ce qu'elle a réfléchi. Mais si elle demande, elle a une peau très fine, une cicatrice toute invaginée, elle dit une prothèse. Non, ça ne va pas marcher. Ce sera un échec. Si elle veut se jeter au Rhône, je ne vais pas me jeter au rhône avec elle.

Vous comprenez ?

Il faut faire des choses qui marchent. Le chirurgien voit, il montre s'il y a un choix, bien sûr, on fait choisir la patiente, mais s'il y a une solution qui est meilleure que les autres, il faut faire celle-ci.

Isabelle Sansonetti

Ça, ça fait partie de votre devoir d'information, de dire les techniques possibles, s'il y en a plusieurs, et sinon, si vous estimez qu'il n'y en a qu'une, voilà.

Dr Emmanuel Delay

Il faut faire celle-ci. Oui, parce que ce qui est embêtant, surtout en libéral, c'est que les gens soient déçus. Soit ils ont un échec, soit le résultat est pauvre, est mauvais. Et donc, la dame me dit, c'était bien la peine d'avoir deux interventions. Voilà, moi, je vois, avec l'âge, je vois beaucoup ces cas un peu compliqués, puisque les gens m'envoient les cas difficiles. C'est un privilège de l'âge et de l'expérience, mais je vois ces dames, des fois, qui arrivent épuisées. Le lipomodelage, par exemple, c'est merveilleux, ça a transformé la reconstruction de ma mère, mais on peut, dans certains cas, faire que par lipomodelage, mais il y a des indications pour ça. Et les dames disent, bon, on va essayer, ils m'enlèvent les deux séances de graisse à faire, alors qu'il en fallait cinq chez elles, et moi, je retrouve derrière, je n'ai plus rien. Vous voyez, la médecine, c'est des indications, c'est le choix de l'intervention. C'est vraiment le point important. Du conseil pour choisir, comment choisir un bon chirurgien plasticien ? Vérifier ses diplômes, vérifier comment il est bien, sa réputation, demander à son médecin traitant s'il le connaît, le gynéco s'il le connaît, des patientes, il y a des bons retours positifs, bon ça doit aller ? Pour une prothèse de hanche, on demande à son médecin, à son rhumato, et pourquoi le chirurgie plastique qu'on ferait à l'envers ? Il faut choisir de façon rationnelle les choses.

Isabelle Sansonetti

Bien sûr. Alors, est-ce que vous avez eu d'autres avancées à l'INCAS ? J'ai entendu parler des prothèses plus légères. Est-ce que c'est quelque chose qui est très intéressante ?

Dr Emmanuel Delay

Alors, on parle des prothèses plus légères, mais toujours, on a les prothèses, ce qu'on attend, c'est la fiabilité. Et à nouveau, il faut toujours attendre. C'est comme un nouveau médicament. Ils ont parlé de nouveaux médicaments, d'ailleurs, à l'INCAS, et on voit des croissances à 100%. Mais attention, vous vous souvenez, mediator, on a mis, et puis on s'aperçoit derrière, que ça fusillait les valves cardiaques. Donc, il ne faut jamais s'emballer. Un de mes patrons américains, le professeur Nahai, disait, il ne faut pas être le premier, il ne faut pas être le dernier. C'est-à-dire, la tempérance, c'est une des vertus fondamentales qui a été oubliée, mais qui est essentielle. C'est une vertu cardinale. C'est-à-dire, on est équilibré dans ses choix. Une technique qui vient d'apparaître, prudence, on l'évalue, et quand on est sûr que c'est bien, on le diffuse. Malheureusement, on est dans un monde un peu médiatique où les gens, ils mettent une technique et puis après, ils disent que c'est les meilleurs. Mais ce n'est pas à vous de dire que vous êtes le meilleur. S'ils veulent dire que vous êtes le meilleur, pourquoi pas ? Mais encore, le meilleur, ça veut dire par rapport à quoi ?

Il faut être sincère. Mais bon, tous les ténants de la société fréquentent les congrès sur le courant. S'il y a une prothèse mieux que les autres, on se connaît tous, on ne s'en parle entre nous et voilà. Mais globalement, les prothèses, il n'y a pas eu de grande révolution. Il faut choisir en laboratoire fiable. Fiabilité.

Isabelle Sansonetti

De toute façon, en France, je crois qu'il y a une liste de laboratoires autorisés pour les prothèses mammaires puisque... Ah oui, oui, bien sûr. On fait une liste pour tout.

Dr Emmanuel Delay

Et l'ANSM notamment, elle a fait un travail sérieux de contrôle et tout ça. Si on a le moindre de problèmes sur une prothèse, ça doit être déclaré à l'ANSM. Maintenant, il y a un registre des prothèses. Non, non, la France, en termes de sécurité, est leader plutôt. Les chirurgiens français sont maintenant très sensibilisés à tout ce qui est sécurité.

Isabelle Sansonetti

Vous avez une dernière remarque à faire sur la chirurgie mammaire ou la reconstruction mammaire ?

Dr Emmanuel Delay

La chirurgie mammaire, le troisième aspect que j'avais souligné, c'était l'aspect esthétique. On en a un peu parlé. J'avais insisté sur l'importance du lipomodelage esthétique qui est sous-évalué. C'est-à-dire, si les gens savaient que ça existe et qu'on peut bien faire, il y aura beaucoup de demandes. Ce qu'on ne les voit pas dans nos cabinets, ce ne sont pas les bonnes personnes qu'on voit.

Isabelle Sansonetti

Vous voyez les personnes qui n'ont pas de graisse ? C'est ça que vous avez dit tout à l'heure.

Dr Emmanuel Delay

Il faut que ça arrive dans la population tout venant. Et voilà. Deux, il faut que vous, en tant que journaliste, en tant que média, il y a un tabou de la chirurgie plastique. J'ai encore vu cette semaine une dame du milieu médical qui consulte pour une réduction. Elle a un kilo de chaque côté. Elle a mal au dos et tout. Elle attend sur son temps pour se faire opérer. Elle ramait toute sa vie elle a le dos tout bousillé. Voilà. C'est aux médecins d'en parler, de dire, mais madame, votre mal de dos, c'est ça.

Isabelle Sansonetti

Mais comment vous l'expliquez, ce tabou qui persiste ?

Dr Emmanuel Delay

Ce qui est présenté, je ne regarde plus les émissions à la télé sur la chirurgie plastique, c'est soit merveilleux, soit nul. Mais notre métier, ce n'est pas ça.

C'est des gens sérieux. On voit les gens, on leur explique, on dit, voilà, on montre des exemples. Voilà. Celles qui croient au Père Noël, ça ne m'intéresse pas. Celles qui attendent une catastrophe, ça ne m'intéresse pas. Je veux des gens sérieux. S'il y a un petit problème, on va le gérer. J'ai toujours amené mes patientes à destination. Vous voyez ?

Isabelle Sansonetti

Ça veut dire que nous, les patients, on choisit notre chirurgien, mais vous aussi, les chirurgiens, parfois, vous n'avez pas forcément envie d'opérer toutes les personnes qui viennent vous voir.

Dr Emmanuel Delay

Clairement, oui, clairement. C'est la demande. Est-ce que la demande est sincère, personnelle et profonde ?

Et on regarde d'où ça vient. La dame qui se lève le matin, je vais faire une augmentation mammaoire, ça n'a pas de sens.

Isabelle Sansonetti

Ça ne doit pas être très fréquent non plus, j'imagine.

Dr Emmanuel Delay

Non, non. Après, chacun, ça patiente. Moi, ensemble, je suis chanceux. J'ai des gens sérieux, des gens qui ne croient pas au père Noël. C'est souvent des médecins qui me les ont envoyés ou des gynécologues, voire des plasticiens. Donc, ils savent que, voilà, on travaille sérieusement. Et ça transforme dans la vie des gens. Un dernier message, il y avait un de mes collègues qui avait fait son éditorial quand il était président, changer la vie. C'est vrai que la jolie cardiaque, on sauve des vies, nous, on change la vie. C'est-à-dire, les gens nous remercient dix fois. Et c'est tellement loin de ce qu'on montre dans ces émissions un peu scandaleuses. Nous, les gens, tous les jours, ils nous disent dix fois merci, ils sont ravis. Imaginez, vous avez eu des seins gros comme ça, un kilo de chaque côté, mais vous êtes transformés pour faire du sport dans la vie de tous les jours. Une dame qui n'a pas de seins et qui se retrouve avec une jolie poitrine, elle est transformée. Une jeune femme qui a des seins mal formés, des seins tubéreux, vous la transformez, vous changez carrément sa vie. Elle a une vie personnelle, sexuelle, épanouie, alors qu'elle aurait été pénalisée. On transforme la vie des gens. Mais simplement, il faut le faire avec sérieux. Par exemple, choisir les gens membres de la Société française de chirurgie plastique. Pour rentrer, il faut avoir ses diplômes, il faut avoir eu des contrôles. Ça, c'est un élément de choix, par exemple.

Isabelle Sansonetti

Merci beaucoup, Docteur Delay, d'avoir partagé avec nous votre expertise sur la chirurgie des seins, qu'il s'agisse de reconstruction ou d'esthétique.

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